Être faible dans des bras forts,
Pleurer quand j'en avais envie,
Avant de partir chez les morts
Ce fut le rêve de ma vie.
Je n'aurai pas connu l'émoi
D'être petite et protégée.
Même pour !'âme plus âgée
La force, ce fut toujours moi.
J'ai donné courage et fluides
Chaque fois qu'on en eut besoin,
Et j'enviais mon propre soin,
Tous mes présents dans des mains vides.
Je fus si souvent, en secret,
La petite fille qui pleure !
Mais ce ne fut jamais mon heure
Car quelqu'un d'autre aussi pleurait,
Pleurait, le front sur mon épaule,_
Quelque profonde affliction
Et je devais tenir mon rôle
Éternel de protection.
Certes, j'étais d'une autre sorte
Dans mes solitudes de nuit…
Je ne fus après tout si forte
Que par la faiblesse d'autrui.