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1910

FOINS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le faucheur de juillet à la face absorbée Penche un front en sueur et qui ne pense à rien, Ses bras laborieux au fatal va-et-vient, Portent, comme la mort, une faux recourbée.

Autour de lui, bourdons, guêpes et papillons S'envolent, effrayés, des profondeurs de l'herbe ; Et le pré peu à peu tombe, gerbe sur gerbe, Comme la terre en motte allongée aux sillons.

Un petit frisson court sur chaque graminée ; Le soleil chauffe l'homme et le pré bourdonnant ; Et, semblable au destin, le placide manant Fauche, sans rien savoir, la gloire de l'année.

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