Le faucheur de juillet à la face absorbée
Penche un front en sueur et qui ne pense à rien,
Ses bras laborieux au fatal va-et-vient,
Portent, comme la mort, une faux recourbée.
Autour de lui, bourdons, guêpes et papillons
S'envolent, effrayés, des profondeurs de l'herbe ;
Et le pré peu à peu tombe, gerbe sur gerbe,
Comme la terre en motte allongée aux sillons.
Un petit frisson court sur chaque graminée ;
Le soleil chauffe l'homme et le pré bourdonnant ;
Et, semblable au destin, le placide manant
Fauche, sans rien savoir, la gloire de l'année.