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1910

FLORENCE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Florence, on ne sait pas, ville, joyau toscan, Avec quel dieu tu fis un pacte Pour ainsi demeurer intacte Et si fière, parmi ton peuple inconséquent.

Nous avons vu partout comme le temps déferle Et casse les plus durs rochers. Mais toi, qui te garda, ma perle ? Qui conserva tant de palais, tant de clochers ?

Le ciel qui te recouvre est-il une vitrine ? Nous regardons, enivrés d'art, Les fonds mêmes de Léonard Au bout de tes quartiers qu'épargna la ruine.

Voici sur ton Arno tes ponts et tes pignons toujours neufs parmi la lumière. Aux lèvres de ton populaire, Voici, dans leur douceur, tes vénérables noms.

Oui, ta moindre ruelle est encore un musée. Refuge des belles couleurs, Tes anges annonciateurs Ornent tes carrefours de leur aile irisée,

Florence qui t'étends, belle profusion, Sous ta cathédrale charmante, Qui dois sentir, comme un lion, Rôder autour de toi, les nuits, l'ombre de Dante.

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