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1902

FEUILLES MORTES

Lucie DELARUE-MARDRUS

La Ville noire mêle à l'été son haleine, Et les feuilles, dans l'air surchargé de poisons, Tombent déjà, lourdes d'horreur, sur les gazons Et meurent, on dirait, de la souffrance humaine…

Surveille donc tes pas quand, lasse des chaleurs, Ta paresse le long des jardins se promène ; Parmi ces feuilles d'or n'étale pas ta traîne Et crains pieusement de marcher sur des cœurs.

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