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1951

Femmes

Lucie DELARUE-MARDRUS

Complexe chair offerte à la virilité, Femme, amphore profonde et douce où dort la joie, Toi que l'amour renverse et meurtrit, blanche proie, Œuf douloureux où gît notre pérennité,

Femme gui perds la vie au soir où ta jeunesse Trépasse, et gui survis pour des jours superflus, Te débattant, passé qu'on ne regarde plus, Dans le noir du destin où ton être se blesse,

Humanité sans force, endurante moitié Du monde, ô camarade éternelle, ô moi-même !… Femme, femme, gui donc te dira que je t'aime D'un cœur si gros d'amour et si lourd de pitié ?

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