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1905

FATIGUE

Lucie DELARUE-MARDRUS

J'écoute au loin gronder la nuit noire et le vent… Je voudrais n'être plus ce furieux amant, Ce sombre et dur penseur ; n'être rien qu'une femme, — Sans tout ce halètement de l'âme, —

Qui aime, sourit et rêve simplement. Quand tiendrai-je ma tête entre mes mains tranquillesQuand tiendrai-je ma tête entre mes mains tranquilles Sans la sentir éclater d'orgueil,Sans la sentir éclater d'orgueil, De révolte ou d'épouvante,De révolte ou d'épouvante,

Sans la sentir plus lourde à porter qu'une ville ?Sans la sentir plus lourde à porter qu'une ville ? J'écoute au loin gronder la nuit noire et le vent… — Ah ! ne plus rien savoir de ce cœur décevant, M'arracher du Souci, du Songe, du Baiser,

Me reposer ! Me reposer !

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