Skip to content
1920

FANTÔME

Lucie DELARUE-MARDRUS

On dit : « Je crois toujours la voir ! » On dit : « Je ne la sens pas morte ! » Au fond de son être on la porte, Tendrement, du matin au soir

Est-ce que, vraiment, une mère Peut quitter son enfant ainsi ? Le tombeau ne nous fait pas taire Pour nous, elle est toujours ici

Vous tous qui les pleurez, les vôtres, Désolés indéfiniment, Jeunes et vieux, vous tous, les autres Qui dites comme moi : « Maman »,

Comme moi songez-y : mensonge ! Oui, je la rappelle tout bas, Celle qu'on ne remplace pas, Et le chagrin latent me ronge,

Mais il le sait si bien, mon cœur, Qu'elle est morte, morte, bien morte. Que si maman ouvrait la porte, Hélas ! je hurlerais de peur !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
FANTÔME · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove