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1905

EXHORTATION

Lucie DELARUE-MARDRUS

N'êtes-vous pus lasses, les femmes ! Quand vos hommes, le soir, s'endorment sur vos âmes Croyant que le refuge et que l'amour sont là, De sentir en vous rire et pâlir Dalila ?

Femmes, n'ayez plus l'âme torse Et dure, et ces yeux doux ! Il est temps ! Il est temps D'accueillir dans des bras pitoyables leur force Qui s'abat tout entière aux pieds de vos vingt ans.

Oubliez la longue rancune D'être faibles, la lâcheté, tous ces venins ! Mais que votre beauté leur devienne opportune, Eux qui furent portés par des flancs féminins.

Ne souffrez plus que les abuse Votre docilité menteuse et sans respect. Ne gardez que la bonne et maternelle ruse Nécessaire à leur cœur si simple et si direct.

Aimez-les comme des amies, Même lorsque ont cessé leurs tendresses gémies. Aimez-les bien ! Dorlotez-les dans vos genoux ! —Car ils sont forts et fiers, mais qu'auraient-ils,sans vous ?

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