Et puis quoi ?… Ce petit coin vert
Gorgé de fleurs, sentant la menthe,
Et qu'un rond de soleil enchante,
Lumineux comme un œil ouvert,
Chaque fois que j'y passe, un rêve
Revenu du profond passé
Se réveille en mon cœur lassé
Que presque plus rien ne soulève.
Et je revois — qui me dira
Pourquoi cet étrange contraste ? —
Les horizons du Sahara
Océan roux sans eau, si vaste.
Là, bien loin de mon printemps bleu,
Que j'avais soif de ma province !
Toute l'Afrique était de feu.
J'étais ardente, jeune et mince.
Regretté-je cet autrefois ?
Je n'en sais rien. La nostalgie
Elle-même est morte, je crois,
Au fond de mon âme assagie.