De même qu'on se couche, au soir,
Pour gésir au fond des ténèbres,
De même on s'en va, dans le noir
De la mort, ranger ses vertèbres
Sommeil, ô ténèbre, ô néant !
La mort n'est-elle pas pareille ?
Mais au matin l'on se réveille
Bavard, lucide et remuant
Veille et sommeil font la balance.
Sort-on aussi du dernier lit
Après avoir dormi, d'oubli,
L'équivalent d'une existence ?
Donc, aïeuls et petits-enfants
Se repasseraient la même âme.
Vous seriez, tombeaux étouffants,
Futur homme ou future femme
Que le germe des lendemains,
La descendance l'ait en elle !
C'est l'éternité des humains,
Non l'éternité personnelle
Si quelque nièce que voilà
Doit remettre au monde ma mère
Que m'importe, orpheline amère,
Que m'importe cet au-delà ?