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1902

ÉPOUSAILLES

Lucie DELARUE-MARDRUS

Accepte, toi qui m'es la tardive rançon De mon passé de solitude sanglotée, Ma nudité d'albâtre et ma tête nattée Et mes yeux noirs qui ont des regards de garçon.

Tes sens me jugeront rauque, étrange et brutale, Toi qui as un baiser glissant comme de l'eau Et des yeux bleus et froids parmi des cheveux pâles Qui cernent ta beauté d'un éternel halo.

Et par certaines nuits nous roulerons ensemble Sur des lits sans remords ni culpabilité, Pour joindre à ton désir qui frôle, fuit et tremble, Mes râles délirants et mon rire emporté.

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