Ce visage de tous les jours,
Il n'est plus que de l'invisible.
Est-il possible ! Est-il possible !
Partout je le cherche toujours
Allant te dire : « Bonne année ! »
Au fond de ton jardin des morts,
Oui, malgré cette destinée
Éternelle où, sans fin, tu dors,
Je croyais, marchant dans la rue
Où les gens courent aux cadeaux,
Devant moi te voir, apparue
Avec ton humble petit dos
Je voyais ta capote noire,
Ton manteau, suivre leur chemin.
Tu marchais, douce et sans histoire,
Et ton parapluie à la main
Il y avait un peu de boue,
Il faisait tiède doucement.
Je répétais : « Maman ! Maman ! »
Et des larmes cherchaient ma joue
Il me faut donc dire : « Jadis ! »
Maman si petite et si bonne,
Es-tu morte, es-tu morte, dis,
Que je te porte une couronne ?
Es-tu vraiment ce grand tombeau
Que je viens visiter sans cesse,
Dans ce jardin plein de tristesse,
Hélas ! même quand il fait beau ?
Nous avons dit tant de paroles
Et nous nous connaissions si bien !
Et maintenant plus rien, plus rien
Qu'un peu de vent dans tes corolles
O maman, tombe que voilà,
Pierre froide, silence insigne,
Ne pourrais-tu me faire un signe
Qui me fît croire à l'au-delà ?…