Skip to content
1920

ENCORE LE NOUVEL AN

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ce visage de tous les jours, Il n'est plus que de l'invisible. Est-il possible ! Est-il possible ! Partout je le cherche toujours

Allant te dire : « Bonne année ! » Au fond de ton jardin des morts, Oui, malgré cette destinée Éternelle où, sans fin, tu dors,

Je croyais, marchant dans la rue Où les gens courent aux cadeaux, Devant moi te voir, apparue Avec ton humble petit dos

Je voyais ta capote noire, Ton manteau, suivre leur chemin. Tu marchais, douce et sans histoire, Et ton parapluie à la main

Il y avait un peu de boue, Il faisait tiède doucement. Je répétais : « Maman ! Maman ! » Et des larmes cherchaient ma joue

Il me faut donc dire : « Jadis ! » Maman si petite et si bonne, Es-tu morte, es-tu morte, dis, Que je te porte une couronne ?

Es-tu vraiment ce grand tombeau Que je viens visiter sans cesse, Dans ce jardin plein de tristesse, Hélas ! même quand il fait beau ?

Nous avons dit tant de paroles Et nous nous connaissions si bien ! Et maintenant plus rien, plus rien Qu'un peu de vent dans tes corolles

O maman, tombe que voilà, Pierre froide, silence insigne, Ne pourrais-tu me faire un signe Qui me fît croire à l'au-delà ?…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
ENCORE LE NOUVEL AN · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove