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1905

EN FORET

Lucie DELARUE-MARDRUS

Viens… Si nous désirons reposer sur le sol, Voici que la forêt nous offre dès le seuil Le calme enseveli parmi ses mousses molles, Ses colonnes de bois, ses millions de feuilles.

N'aurons-nous pas d'abord une sorte de peur A coudoyer la horde immobile des arbres Que l'éternel lichen des solitudes marbre, A coucher notre vie infime sous la leur ?

Au loin, s'éloignera l'âme ancienne des chasses. Mais les chênes, les pins, les hêtres, comme avant, Continueront, gardant leur immuable place, Leurs siècles de soleil, d'ombre, de ciel, de vent.

Et nous, pour confronter la faiblesse et la force, Nous poserons nos bras sur leurs membres ligneux, Et, sur l'inconsciente et centenaire écorce, Notre force hâtive où regardent des yeux.

Alors, seuls, écoutant le cœur vague et tranquille De la terre, qui bat aux poitrines des troncs, En silence, riant d'orgueil, dressant le front,

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