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1951

Distances

Lucie DELARUE-MARDRUS

Que longue sous ses fleurs la route à parcourir Entre l'enfance et la jeunesse ! Que de temps, elle met, cette enfance, à mourir Avant qu'un nouvel être naisse !

Longue aussi la jeunesse et tout ce qui la suit De maturité séduisante. Il semble que jamais ne descendra la nuit, Tant la clarté reste présente.

Mais, dès que la vieillesse a fait son signe affreux, Et si loin qu'elle semble encore, Cette distance-là voici qu'on la dévore En quelques pas vertigineux.

Nature ! Dieu ! Qui que tu sois, Toute-Puissance Responsable de notre sort, Fais qu'elle soit plus courte encore, la distance Entre ma vieillesse et ma mort !

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