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1901

DES YEUX

Lucie DELARUE-MARDRUS

L'écrin nocturne des yeux bizarres S'est répandu à même la nuit.S'est répandu à même la nuit. Vaguement, c'est autour des écrins et des maresVaguement, c'est autour des écrins et des mares L'écrin nocturne des yeux bizarres.

Les yeux ouverts vers on ne sait où, Ronds de clarté, cligneurs de félinerie, Aigus d'or, larges de rêverie ; Grands yeux en promenade du hibou

Et du chat miauleur d'hystérie Et du somnambule en équilibre et du fou Ballant sa frôleuse vespérie Et dans l'éloquence à mi-voix de la nuit,

‒ Goutte à goutte qui choit à petit bruit ‒ Une note unique et monotone détonne Du fond de la laideur squammeuse des crapauds, Les crapauds au pas qui tâtonne,

Riches de deux yeux d'or dans l'horreur de leurs peaux. Ah les yeux ! les yeux fous des bêtes une à une Dardés immensément vers le ciel bleu de nuit Qui sur leur rondeur arrondit

L'œil ouvert de la pleine lune !

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