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1901

DÉFILÉ

Lucie DELARUE-MARDRUS

Les clochers ont perdu leurs pointes dans la nuit. Des princesses en rang s'avanceront sans bruit, Ombres passant dans l'ombre, Hautes de bonnets hauts sur des chefs clairs ou sombres.

La lente extinction de leurs yeux mal cachés Tremblera sur leur joue en longs cils catholiques ; Leur mutisme fera leurs bouches hermétiques ; Leurs doigts prudes seront contre leurs seins vivants,

Claustrés sous la lourdeur des robes hivernales, (Spectres pointus parmi les pointes des clochers, Défilé sans couleur qui s'allonge en rêvant.) Et seuls sur leurs cous nus ‒ violets, jaunes, rouges,

Verts et bleus ‒ frémiront dans l'ombre générale Leurs colliers contredits dans des lueurs qui bougent, Quand aussi tremblera, lointain, en haut, si haut ! En l'immensité vespérale,

Le premier diamant d'une petite étoile…

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