Skip to content
1902

DÉDICACE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Une enfance, déjà pâle parmi les choses, Âme trop tôt livrée à son rêve, sans voix Pour se dire, garda châteaux, reines et rois De songerie en elle et jardins lourds de roses.

Puis vint, avec son cœur pesant comme un fardeau Démenti par le rire ouvert des lèvres fraîches, La jeunesse pareille à la douceur des pêches Où gît profondément le poison du noyau.

Dans le mauvais terrain des races trop âgées, Ainsi toute une vie ouvrit sa lente fleur, Et la Ville ou la mer, rouges de soir qui meurt, Eurent vers leurs couchants des mains découragées…

O Passant ! Que longtemps on t'attendit en vain La tête sur le livre et sous les lampes sages, Ou racontant à la splendeur des paysages, Seuls confidents, le mal d'un cœur triste et hautain,

Toi qui devais surgir sur la route de vivre Comme au bord de la nuit se lève le jour clair, Afin que nous fussions ce couple qui s'enivre De Bonté, de beauté, de Pensée et de Chair !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
DÉDICACE · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove