Ma porte grande ouverte à l'esprit du printemps
Laissait entrer le soir et ses parfums de fête
Avec les chants aigus des oiseaux, à tue-tête,
Tout ce qui nous engage à n'avoir que vingt ans.
Les ombres du dehors tremblaient jusqu'à ma table,
Le parquet reflétait le crépuscule clair.
Et je restais assise à respirer cet air,
Cette fraîcheur, cette fraîcheur indubitable.
Je n'attendais, ne désirais qu'odeur de fleur,
Que charme d'un grand soir de printemps sans nuage.
Je ne comparais pas à tout cela mon âge,
Je ne regrettais pas 'automne de mon cœur,
Mais plutôt je songeais à la belle jeunesse
Telle qu'elle est pareille à ce soir d'aujourd'hui,
avec tout ce qu'elle a de force et de faiblesse,
Et j'aimais tendrement le printemps pour autrui.
Les morte et les vivants et moi-même passée
Vivaient autour de moi parmi cette beauté.
J'aimais, ‒ et qu'importait ma grande âme lassée ? ‒
J'aimais le mois de mai dans son éternité.