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1932

CURÉE

Lucie DELARUE-MARDRUS

J'ai longtemps écouté la chasse Qui galopait, et sur ma trace, Sonnait la curée. Dans les feuilles couleur de rouille,

C'est ma jeunesse qu'on dépouille, Toute déchirée ! Au meurtre !… Au meurtre ! Elle veut vivre ! Qu'on la sauve ! Qu'on la délivre

De l'affreuse emprise ! Mais rien. Pas de secours pour elle. Elle était triomphante et belle, Et la voici prise.

— Ferme les yeux. Meurs en silence. Rien n'est perdu, tout recommence, La vie est si riche ! Après le tien, d'autres beaux âges.

Déjà, parmi tes paysages, Court une autre biche. Ce n'est pas toi, mais que t'importe ? Prends ce que l'automne t'apporte,

O toi qui protestes ! Des feuilles d'or lentes et douces Parmi les herbes et les mousses Tombent sur tes restes…

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