J'ai longtemps écouté la chasse
Qui galopait, et sur ma trace,
Sonnait la curée.
Dans les feuilles couleur de rouille,
C'est ma jeunesse qu'on dépouille,
Toute déchirée !
Au meurtre !… Au meurtre ! Elle veut vivre !
Qu'on la sauve ! Qu'on la délivre
De l'affreuse emprise !
Mais rien. Pas de secours pour elle.
Elle était triomphante et belle,
Et la voici prise.
— Ferme les yeux. Meurs en silence.
Rien n'est perdu, tout recommence,
La vie est si riche !
Après le tien, d'autres beaux âges.
Déjà, parmi tes paysages,
Court une autre biche.
Ce n'est pas toi, mais que t'importe ?
Prends ce que l'automne t'apporte,
O toi qui protestes !
Des feuilles d'or lentes et douces
Parmi les herbes et les mousses
Tombent sur tes restes…