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1901

COUCHANT

Lucie DELARUE-MARDRUS

Des taches de couchant tombent à travers bois Comme des larmes d'or sur les troncs ; et les voix D'eau claire des oiseaux se taisent goutte à goutte, Cependant qu'un entend s'éloigner sur la route

Un dernier pas humain, un dernier bruit d'essieux Et que, traînant encor des cloches dans les cieux Comme des oraisons lointaines et des plaintes, L'existence s'endort au fond des demi-teintes…

O ! la dévotion profonde, la grandeur Du rêve qui nous monte alors du fond du cœur, Comme si notre soif allait boire le monde, Ou comme si, perdant pendant une seconde

Conscience du temps, de l'espace, du lieu, Notre raison humaine allait comprendre Dieu !

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COUCHANT · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove