Ne pleure pas, m'a dit le feu,
Si tu vois ma flamme descendre,
Je suis loin encor de la cendre,
Et prêt à reprendre le jeu.
Donc, rassemble plutôt ces bûches
Qui croulent en me dispersant.
Leurs fragments, si tu les rejuches,
Vont te refaire un feu dansant.
Ce ne sera pas la flambée
Qui d'abord illuminait tout,
Mais encore qu'un peu tombée,
Elle te chauffera beaucoup.
Et si cette seconde flamme
Vient à s'affaiblir à son tour,
Reprends chaque brindille pour
Y bouter encore un peu d'âme
Jusqu'au dernier petit fétu,
Que ta main sans cesse échafaude
Et, terminé ce feu têtu,
Sa cendre encore sera chaude.
‒ Et j'ai remercié le feu,
Moi qui me sens déjà moins ivre,
De m'avoir consolée un peu
En m'apprenant comme il faut vivre.