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1930

CONFESSION

Lucie DELARUE-MARDRUS

Une purification Par l'expérience totale, C'est le mot de ma face pâle. Je suis morte à la passion.

Plus chaste que même l'enfance D'avoir connu tous les secrets, Je n'attends plus aucun « après ». Mon avenir : indifférence.

L'automne vient. Mais mes quinze ans N'avaient pas cet esprit candide Qui mène mes rêves grisants, Maintenant que mon cœur est vide.

Je puis, exorcisée enfin, Bondir en pleine poésie. Ma solitaire frénésie Est sans retours, dégoûts ni fin.

Ah ! quelle est 'belle, la lumière, Depuis que nul masque amoureux Ne met son ombre funéraire Entre le soleil et mes yeux !

Je suis sans esclave et sans maître, — O solitude, ô liberté ! — Et, pour mieux goûter ce bien-être, Gardant un reste de beauté,

Plus semblable à votre innocence, Pommiers fleuris du printemps frais, Qu'au jour où mon adolescence Aimait tout ce que j'ignorais.

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