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1908

COMPLICITÉ

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ma grande tourmentée éternelle, la mer Que voici ce matin bleue à trois rangs d’écume M’offre son âcre goût d’iode et de sel clair Gomme une immense coupe amère que je hume.

Je sais le sens exact de sa fausse douceur Faite de sable tiède et de vagues arquées. Nous n’avons pas besoin de nous être expliquées Je connais le secret de ma divine sœur.

Jamais son flot qui s’échevèle et se rengorge Ne pourra se guérir du désir exigeant. Il ne sera jamais ce calme carré d’orge Dont frissonne au soleil la verdure d’argent.

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