J'ai coupé mes cheveux afin que mon visage,
Sous sa coiffure d'autrefois,
Ne puisse me montrer la déchirante image
Du temps aux implacables doigts.
En changeant de coiffure on croit changer de tête.
Il me semblera vieillir moins
Sous la courte toison rejetée en tempête
Où je puis enfoncer mes poings.
J'ai, de même qu'au temps où les belles prêtresses
Sacrifiaient aux morts élus,
Comme sur un tombeau consacré mes deux tresses
A ma jeunesse qui n'est plus.