A la pêche toujours fidèles,
Sur la mer où plus rien ne luit,
Nous entrouvrons nos grandes ailes
Comme des papillons de nuit.
Chacune de nous reste seule
Sur la tranquillité des flots,
Sans nul feu que le brûle-gueule
De quelqu'un de ses matelots.
Dans l'immensité taciturne,
Loin des fanaux et des reflets,
Nous prenons le poisson nocturne
Dans nos invisibles filets.
Mais dans le port qui brille et bouge,
Le phare, des barques prend soin,
Et sa lumière verte et rouge
Nous rassure toutes de loin.
Car si l'heure vient, d'un coup d'aile
Chacun des papillons de nuit
Retourne à la bonne chandelle
Qui pour le ramener reluit.
La mer monte. Au large ! A la barque
La belle'pêche nous attend.
Déjà la»grande voile s'arque,
Le foc sur le beaupré se tend.
Au dur travail toujours fidèles,
Sur la mer où plus rien ne luit,
Ouvrons-nous de toutes nos ailes,
Comme des papillons de nuit !