Skip to content
1901

CEUX-CI ET CEUX-LÀ

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ceux-là, tous ceux-là, gros d'écœurantes essences, Pesants de leur banalité coupable ; aux yeux Arrondis salement sur les concupiscences, Langues lasses d'avoir médit, cerceaux terreux

Bondés d'horreurs : plaisir médiocre, facile Vanité, bas trafic, égoïsme imbécile, Ceux-là, le Tout le Monde, en un mot, actuel, Farandole du jour le jour, foule asservie

Au culte des conventions, au rituel Du préjugé, bigots des routines, leur vie A ceux-là, n'a pour but et pour combinaison Qu'elle-même d'un bout à l'autre… Ils ont raison.

Nous ne sommes que des fous parmi ces lucides, Ils vivent l'existence humaine comme elle est, Ils ne lèveront par leurs prunelles placides En haut, ne souffriront ni du mal, ni du laid,

Ne demanderont pas pourquoi tourne la roue ; Mais, contents de marcher les deux pieds dans la boue, Ils suivront leur chemin terrestre sans écart, Ne cherchant jamais plus en l'être que la vie,

Et c'est nous, les grands bras tendus, nous le regard Toujours en l'air et vers ce qui nous fait envie, Nous les amants de l'impossible, nous ces fous, Qui perdrons l'équilibre et cherrons dans les trous.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CEUX-CI ET CEUX-LÀ · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove