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1905

CALME

Lucie DELARUE-MARDRUS

Tu regardes changer la couleur des heures Entre les branches d'or du jardin automnal… — Tes rêves t'auront fait tant de bien et de mal ! Mais aujourd'hui plus rien n'en demeure.

Tes bras sont retombés qui s'ouvraient vers la mer, Vers la possession d'extases inouïes, Vers une gloire éclatant en trompettes claires, Vers l'espace où brûlait l'esprit d'Adonaï !

Te voici vivre dans la docilité D'une plante poussée au soleil avec joie Et qui se berce un peu et ploie Sous le vent d'automne ou d'été,

Et cela suffit sans doute D'être une femme tendre au bras de son ami, Qui marche dans la vie en rêvant à demi Sans plus sentir ses pieds se meurtrir sur les routes…

— Mais peut-être qu'il vit encore, ton désir D'aller vers les couchants où saigne l'Au delà ? Car l'âme qui palpite en toi, folle ou paisible, Tu ne la connais pas ! Tu ne la connais pas !

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