Ce marbre dormait, brut, depuis l'antiquité
Et les temps étaient loin des dieux et des érèbes,
Qu'il attendait encore, enfoui dans les glèbes,
Qu'un maître en fît jaillir quelque divinité.
Et les siècles, passant sur lui, l'ont respecté
Afin qu'un jour, livrée à l'amour des éphèbes,
Des mûrs et des vieillards et dominant les plèbes,
L'art y pétrifiât pour toujours ta beauté.
Et le temps qui détruit la splendeur des visages
Peut, sur ton effigie, entasser tous ses âges :
De même que la gloire au socle des héros
L'hommage ira toujours, ainsi qu'une corolle
Fleurir et caresser cette chair de Paros
Où demeure à jamais ton sourire d'idole.