Puisqu'il faut bien me consoler, Malgré ce qu'on nomme ma gloire, D'être en vain ce poète ailé Qu'aura méconnu notre histoire,
Cherchant dans mon cœur incroyant Quelque chose qui me console, Je fais un .royaume brillant De ce silence où je m'isole.
Tant de travail et plus d'amour… Un regard que rien ne fait ivre. Il me faut cependant pour vivre Découvrir un bonheur par jour.
Est-ce difficile ? Un nuage Suscité dans le ciel uni Passe, et je crois que l'Infini Vient de me donner une image.
Les tilleuls qui couvrent mon toit Au fond du soir couleur de perle Laissent chanter un dernier merle. Et je crois qu'il chante pour moi.
La face au vent, toujours en quête, Je passe à travers trois saisons. Et voici que les horizons Me la donnent, la belle fête !
Au retour, des livres relus, Poésie ou métaphysique, M'accueillent. Si je n'en peux plus Je me fais un peu de musique.
Da peinture est un doux loisir Pour qui recherche la nuance. Et la rêverie en silence Est encor le plus beau plaisir.
Il en est d'autres. Parfois, même, De vrais amis vivants sont là. Ils ont leur saison. Des voilà ! Salut, chers visages que j'aime !
D'autres fois il est, par le val, Chargeant à fond les lointains vides, Une femme sur son cheval Qui passe, œil noir et reins solides.
…Bonheur, bonheur, je t'ai connu ! Non pas comme on se le figure, Mais dans la solitude pure Où mon cœur était ingénu.
Tu n'étais parfois qu'une flamme Montant dans des yeux de hasard, Et souvent j'ai vu toute une âme Au fond du plus humble regard.
Bonheur : un songe neuf qui passe. Bonheur : un travail réussi, Une lettre pleine de grâce, U n obligé qui dit merci.
Bonheur : ma fidèle servante Qui me dit quelque mot touchant. Bonheur : la présence vivante De mon brave chien si méchant.
Bonheur : à l'heure où je déjeune, Mon chat qui vient ronronner là… Oui, bonheur ! — Et pour tout cela Je n'ai plus besoin d'être jeune.
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