Beau Louvre macéré dans les couleurs du ciel
Qui te lave et te magnifie,
Immobile profil, calme géographie,
Paysage artificiel,
Mes yeux ses ont ouverts sur ta lourde figure
Pour la mirer comme les eaux :
Les nuages voulaient, de leurs changeants châteaux,
Imiter ton architecture ;
Les couchants te brûlaient follement ; les étés,
Dans le bleu des chaudes journées,
Étalant sur tes toits des Méditerranées
Baignaient tes angles arrêtés ;
L'hiver diamantait ta silhouette fruste
Du givre fleuri des Noëls,
Et la pluie âpre aimait cingler ton gris vétuste
Au cœur des mois gros de dégels.
J'ai vu t'envelopper les nuances des heures
Noires, blanches, grises ou d'or,
J'ai humé le parfum des siècles que tu fleures,
Et je t'admire et hume encor !
Car j'aime en toi le souffle énorme de la Ville
D'où sort ton apparition,
Et je sens pris, parmi ta carrure tranquille,
Mon cœur ainsi qu'un moellon.