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1902

BEAU LOUVRE…

Lucie DELARUE-MARDRUS

Beau Louvre macéré dans les couleurs du ciel Qui te lave et te magnifie, Immobile profil, calme géographie, Paysage artificiel,

Mes yeux ses ont ouverts sur ta lourde figure Pour la mirer comme les eaux : Les nuages voulaient, de leurs changeants châteaux, Imiter ton architecture ;

Les couchants te brûlaient follement ; les étés, Dans le bleu des chaudes journées, Étalant sur tes toits des Méditerranées Baignaient tes angles arrêtés ;

L'hiver diamantait ta silhouette fruste Du givre fleuri des Noëls, Et la pluie âpre aimait cingler ton gris vétuste Au cœur des mois gros de dégels.

J'ai vu t'envelopper les nuances des heures Noires, blanches, grises ou d'or, J'ai humé le parfum des siècles que tu fleures, Et je t'admire et hume encor !

Car j'aime en toi le souffle énorme de la Ville D'où sort ton apparition, Et je sens pris, parmi ta carrure tranquille, Mon cœur ainsi qu'un moellon.

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