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1939

BALLADE VILLON

Lucie DELARUE-MARDRUS

Or çà, maître François Villon, On te connaît plus d'une tache ! N'ayant pas vaillant un oignon, Le vol fut bel et bien ta tâche.

Tu n'étais après tout qu'apache, Mais tes blanches neiges d'antan Empêchent toujours qu'on se fâche. Voleur ? Grand poète, pourtant !

Ta muse jamais n'a bâillon, Même au cachot où l'on te cache. Rimant ta mort sous le haillon, Certes, tu ne fus pas un lâche !

Paillard, maquereau, voire vache, Changeant en poème épatant Jusqu'au pet que Margot te lâche, Voleur ? Grand poète, pourtant !

Au déduit avec ta souillon, Ou lorsque ta mère t'arrache Ces vers pleins d'un pieux rayon, Faut-il que ton âme ne sache

Voir le futur qui s'amourache De toi, l'ivrogne hoquetant, Et, tes vers, les mâche et remâche ?… Voleur ? Grand poète, pourtant !

Va ! Bois, et baise, et vole, et gâche ! En avoir commis tant et tant ! Corde et prison — mais quel panache — Voleur ? Grand poète, pourtant !

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