Or çà, maître François Villon,
On te connaît plus d'une tache !
N'ayant pas vaillant un oignon,
Le vol fut bel et bien ta tâche.
Tu n'étais après tout qu'apache,
Mais tes blanches neiges d'antan
Empêchent toujours qu'on se fâche.
Voleur ? Grand poète, pourtant !
Ta muse jamais n'a bâillon,
Même au cachot où l'on te cache.
Rimant ta mort sous le haillon,
Certes, tu ne fus pas un lâche !
Paillard, maquereau, voire vache,
Changeant en poème épatant
Jusqu'au pet que Margot te lâche,
Voleur ? Grand poète, pourtant !
Au déduit avec ta souillon,
Ou lorsque ta mère t'arrache
Ces vers pleins d'un pieux rayon,
Faut-il que ton âme ne sache
Voir le futur qui s'amourache
De toi, l'ivrogne hoquetant,
Et, tes vers, les mâche et remâche ?…
Voleur ? Grand poète, pourtant !
Va ! Bois, et baise, et vole, et gâche !
En avoir commis tant et tant !
Corde et prison — mais quel panache
— Voleur ? Grand poète, pourtant !