O dame de lumière apparue ici-bas, Thérèse de Lisieux, Normande souveraine, Invisible héros de gracieux combats Pour la grande pitié de la pauvre âme humaine,
Encor que ma payse et ma contemporaine, Vous qui de cette terre avez fait votre ciel, Incroyante, ne puis vous faire une neuvaine. Permettez cependant que je chante noël.
Notre temps en révolte allait tomber bien bas, Poussé par l'appétit féroce qui l'entraîne. Vous êtes arrivée au plus noir des sabbats, Ange contre la bête, amour contre la haine.
Vaillament, au milieu de la mauvaise graine, Blanche, vous jardinez, spectre immatériel, Et la moisson revient sur l'aride domaine. O douceur, permettez que je chante noël !
Les poètes, parmi les grossiers ébats Où, partout, âprement, le monde se démène, Souffraient comme mourants jetés sur des grabats. Vous, de la rose étant la cousine germaine,
Vous souriez vers eux, très gentille marraine, Demoiselle aux grands yeux qui portez l'arc en ciel Autour de votre tête au long voile de laine…. O Muse, permettez que je chante noël !
D'autres iront vers vous pour raconter leur peine. Moi je ne veux ici que des fleurs et du miel. En l'honneur des décrets de l'Église Romaine, O sainte, permettez que je chante noël !
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