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1939

BALLADE NOTRE-DAME

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je ne crois pas en vous, Marie, Mais en votre pouvoir je crois. Depuis les âges que, marrie Et se débattant dans la poix,

Vers vous la foule joint les doigts, Il se doit concentrer, ô reine, Dans votre marbre ou votre bois, Une effrayante force humaine.

Lorsque le mai, dans la prairie, Au détour des champs et des bois Fait la dure épine fleurie, A vous le plus charmant des mois !

Serait-ce en vain qu'on en fit choix ? Le printemps et sa neuve haleine Font remonter après les froids Une effrayante force humaine.

Ivre de mal et de tuerie, Le monde ne veut plus de rois. Voici la rouge confrérie Qui prétend nous dicter ses lois.

Nous serons broyés sous le poids, Où que l'âpre aujourd'hui nous mène. Prêtez, Marie, à nos effrois, Votre effrayante force humaine.

Croyant ou non, qui que tu sois, Pauvre humain geignant à la peine, Aime Marie à qui tu dois Une effrayante force humaine.

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