Impératif et discourtois,
Bien pis que la fièvre maligne
Dont on se tire quelquefois,
Sans cesse le fisc nous fait signe,
Et quiconque ne s'y résigne,
Malheur à lui ! Car, un jour, toc !
Deux mains de fer jettent l'indigne
Dans les mâchoires de Moloch.
Qu'on était heureux, autrefois !
Savaient-ils leur bonheur insigne,
Les grands et les petits bourgeois
Et le peuple, qui, sans consigne,
Chacun en paix suivant sa ligne,
Menant une existence ad hoc,
Ignoraient cette peur qui cligne
Vers les mâchoires de Moloch ?
Aujourd'hui que les décrets-lois
De chacun achèvent la guigne,
Hélas ! sur le vieux sol gaulois,
Plus de vigneron dans sa vigne !
L'état passe, presse, égratigne…
— Taille et gabelle au cœur de roc,
A vous le niveau rectiligne
Grâce aux mâchoires de Moloch !
O nous qu'un œil féroce guigne,
Endurance à son dernier stock,
Amen ! Chantons le chant du cygne
Dans les mâchoires de Moloch !