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1939

BALLADE DES ROMBIÈRES

Lucie DELARUE-MARDRUS

Corps déjetés et figure assortie, Quand elles vont, suscitant nos burins, Dans le Saint-Lieu tendre devers l'hostie Leur lèvre blême où se dressent des crins,

Les anges blancs ne sont-ils pas chagrins ? Mort, ce pendant, leur prépare des bières, Et fossoyeurs leur creusent des terrains. — Mais que le ciel confonde les rombières !

Plus ne pouvant être de la partie, L'âge, partout, leur ayant mis des freins, Dans leur fureur d'aller vers la sortie, Contre jeunesse aux minois purpurins

Vont caquetant comme de vieux serins. Bientôt, pourtant, ne boiront vins ni bières, Quand leur fumier fera germer des grains. — Mais que le ciel confonde les rombières !

Ne comptons plus que sur épizootie ! Lors, les démons s'instaurant leurs parrains, Elles ceindront la couronne d'ortie Qui siéra mieux que leurs vieux galurins.

Et, chevauchant balais à quatre brins, Ces paquets d'os conservés à Plombières Dans les enfers iront chauffer leurs reins. — Mais que le ciel confonde les rombières !

Dames du fiel, régentes des tourbières, Empérières des infernaux purins, J'ai deviné vos souhaits souterrains. — Mais que le ciel confonde les rombières !

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