Foin de la toison d'immortelle
Qui nous tombait jusqu'au talon !
Les cheveux poudrés ? La dentelle ?
Nous avons, nous, pris du galon.
A nous haut de forme et melon !
Transformons le vieil anathème
Qui pesait sur nous comme plomb :
L'esprit court, les cheveux de même.
Rien, une toute petite aile
Suffit au minois brun ou blond.
« Oh ! C'est si commode !… » dit-elle.
Mais le coiffeur, en son salon,
Dix fois par mois fait le frelon
A l'entour de ce chrysanthème,
Répétant, devise ou flonflon :
« L'esprit court, les cheveux de même »
Voire à l'époque où l'on dételle,
Soit-elle échalas ou talion,
Sous les ciseaux elle pantèle.
(Qu'en dirait monsieur Fénelon ?)
A sa crinière d'étalon
Si les crins manquent, l'on en sème.
Dorés ? Gris ? Blancs ? Noirs ? C'est selon.
— L'esprit court, les cheveux de même.
O chignon, ô vieux diadème,
Rejoins les cendres d'Absalon !
Nous tenons, nous, le bon filon :
L'esprit court, les cheveux de même.