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1939

BALLADE DE LA POLITIQUE

Lucie DELARUE-MARDRUS

En même temps que bluff, publicité, combine Auront donné sa marque à l'âge du moteur, Pour faire voir ses crocs retroussant sa babine, Chaque peuple, aujourd'hui, se veut gladiateur.

Qui n'a pas désormais son petit dictateur ? Le communisme seul n'envisage qu'apôtres. Égalité partout et pas de chef. Menteur ! Ils sont tous emmerdants, les uns comme les autres.

Hitler qui va trop fort, la France qui lambine, Tourbillon d'une part et de l'autre lenteur, Va-t-on longtemps encor s'offrir notre bobine ? Guerres, grèves, impôts, décrets, O Créateur

Vous qui de nos tourments êtes le spectateur, En ce siècle agité quels desseins sont les vôtres ? Ici la liberté, là le libérateur, Ils sont tous emmerdants, les uns comme les autres.

De faillite en terreur, on ronchonne, on turbine ; Ah ! qu'on aimerait mieux ouïr quelque chanteur Ou bien voir Arlequin courtiser Colombine ! Du bien-vivre, après tout, chacun est amateur,

Et le joli printemps a toujours sa senteur. Mais où qu'on aille, hélas ! canon ou patenôtres, Faucille du soviet ou faisceau du licteur, Ils sont tous emmerdants, les uns comme les autres.

O Paix ! Beau champ de blé qui n'es plus rien qu'épeautres, Quel démon t'envoya ce souffle destructeur ? Mais, à la fin, pourquoi nous donner un tuteur ? Ils sont tous emmerdants, les uns comme les autres.

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