Levant les yeux devers le ciel nocturne,
Loin d'admirer, à l'entour du croissant,
Tant d'astres d'or répandus à pleine urne,
Cherchons plutôt ce qui pour nous descend
Ou descendra de ce ciel menaçant,
Car, notre terre étant par lui régie,
Nous apprenons qu'ancien ou récent
Notre malheur, c'est de l'astrologie.
Le monde, las de tremper son cothurne
Dans un ruisseau de larmes et de sang,
Rêvant de paix, espère, taciturne,
Voir s'arrêter ce massacre incessant.
Mais, sans répit et partout entassant
Cadavres chauds sur la terre rougie,
Mort n'ouït point noire tragique accent.
Notre malheur, c'est de l'astrologie.
Guerre partout ? Il paraît que Saturne,
Pris tout soudain d'un désir indécent,
De son anneau trop étroit, cette turne,
Veut s'échapper, étalon cent pour cent,
Pour conter flamme à planètes passant,
Dont il appert, martyrs de cette orgie,
Que, nonobstant nos raisons, (c'est vexant !)
Notre malheur, c'est de l'astrologie.
Veuille souffler comme simple bougie
Ces excités du ciel, ô Tout Puissant !
Puisque (fais vite, ô Seigneur, c'est pressant !)
Notre malheur, c'est de l'astrologie.