Qui que tu sois, fille ou garçon,
Au bord du final baptistère
Tu recevras, froid nourrisson,
Le grand baptême de la terre.
Te portera marraine austère
Qui, tous, tôt ou tard, nous endort
Et nous couche dans le mystère.
— Salut à Madame la Mort !
Sans plus de chaleur qu'un glaçon,
Dans ta fosse, étroit monastère,
Tandis que tu payes rançon»
De ton corps pourtant délétère
Se nourrit et se désaltère
Quelque racine qui se tord
Et dont naîtra tout un parterre
— Salut à Madame la Mort !
Tâche d'apprendre ta leçon,
Humain, devant qu'on ne t'enterre !
Toi qui n'es qu'un futur buisson,
Goûte la vie en chaque artère.
Jamais elle ne réitère
Et tu peux, terminé ton sort,
Dire au tombeau qui t'oblitère :
« Salut à Madame la Mort ! »
O toi, l'éternelle adultère
Oui fais signe de l'autre bord,
A nous ta funèbre Cythère.
— Salut à Madame la Mort !