Skip to content
1905

AURORE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Voici l'heure. Les coqs chantent à rendre l'âme* Un frôlement de jour s'insinue, et profane Les gouffres de la nuit avec sa clarté neuve ; Des bruits d'essieux s'en vont par les routes dormantes,

Et le cri des bateaux bouleverse les fleuves. La terre de nouveau crève l'immensité Avec les angles blancs et durs de ses cités, Et voici que la vie inutile et poignante

Va reprendre devant ce miracle éternel : L'aurore éclaboussant de triomphe le ciel ! Pour nous, surgis tous deux du néant du sommeil, Étonnés et graves, songeons

Au sixième malin de la Création, Et, debout dans la paix et l'amour de nos âmes, Embrassons-nous devant le lever du soleil Comme le premier homme et la première femme.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
AURORE · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove