Défaillante, tragique et douce vieille fleur,
Avant la fin des fins l'automne se recueille.
Au fond des bois flammés, les arbres, feuille à feuille,
Sans bruit laissent tomber à terre leur couleur.
Entre les rameaux roux, la perspective jaune
Se rehausse soudain du vent sombre de l'if.
Et, pour tacher de sang toute une vaste zone,
Un petit arbre étrange éclate en rouge vif.
Solitaire, à cheval, j'avance et me balance.
Prends garde, mon cheval, parmi la pourpre ! Au pas !
Prends garde parmi l'or !… Tout doux !… Ne troublons pas
La muette saison qui se meurt en silence.