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1920

AU-DELÀ

Lucie DELARUE-MARDRUS

L'au-delà, l'au-delà dont on parle sans cesse, Est derrière nous, non devant. Ton au-delà, maman, c'est l'ancienne jeunesse, Lorsque tu respirais dans le monde vivant

Ton au-delà, ce sont nos souvenirs d'enfance, Ta bonté, tes soins, tes grands yeux. Ce sont les chers passés auxquels chacune pense Et qui font si charmant le grand deuil douloureux

Ton au-delà, ce sont des jardins, des campagnes, Ce sont nos maisons dans les bois, Paris aussi, l'hiver. C'est le frais autrefois, Alors que nous étions tes petites compagnes

Ton au-delà, ce sont tes gestes familiers Tels qu'ils sont restés dans notre âme. De cette jeune mère à cette vieille dame, Ce sont tous tes instants par milliers et milliers

Ton au-delà, c'est toi vivante. Ce n'est pas La mort, ce néant "qu'on ignore. Ton au-delà, maman, c'est ce qu'on aime encore. Ton au-delà, c'est toi. Ce n'est pas ton trépas.

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