L'au-delà, l'au-delà dont on parle sans cesse,
Est derrière nous, non devant.
Ton au-delà, maman, c'est l'ancienne jeunesse,
Lorsque tu respirais dans le monde vivant
Ton au-delà, ce sont nos souvenirs d'enfance,
Ta bonté, tes soins, tes grands yeux.
Ce sont les chers passés auxquels chacune pense
Et qui font si charmant le grand deuil douloureux
Ton au-delà, ce sont des jardins, des campagnes,
Ce sont nos maisons dans les bois,
Paris aussi, l'hiver. C'est le frais autrefois,
Alors que nous étions tes petites compagnes
Ton au-delà, ce sont tes gestes familiers
Tels qu'ils sont restés dans notre âme.
De cette jeune mère à cette vieille dame,
Ce sont tous tes instants par milliers et milliers
Ton au-delà, c'est toi vivante. Ce n'est pas
La mort, ce néant "qu'on ignore.
Ton au-delà, maman, c'est ce qu'on aime encore.
Ton au-delà, c'est toi. Ce n'est pas ton trépas.