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1905

APOSTROPHE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Solitude et repos du songe taciturne, Voici le soir, voici la mort lente du bruit, Et je m'assieds parmi la verdure nocturne Où le ciel étoile cligne et doucement luit.

Les heures passent sur les heures Contre des roses d'ombre et leur humidité ; Dans la paix odorante et l'oubli des demeures, Je sens autour de moi flotter l'immensité

Des ténèbres extérieures… — Toi qui te meurs de soif de cette nuit d'été Scintillante à travers le tilleul et l'érable, Je t'adore à jamais, innomable, innomable !

O mon âme immortelle, ô mon Éternité !

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