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1905

AMERTUME

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je suis triste. Mettez du parfum sur mes mains. Je n'attends point, sachant ce que sont les humains, La consolation de l'homme ou de la femme : Mais une bonne odeur peut réconforter l'âme.

Alors que vous aurez répandu le parfum, Je baiserai longtemps mes mains qui me sont chères, Connaissant que je suis pour moi-même Quelqu'un Qui seul devine à fond mon cœur et ses mystères.

Ainsi je veux rester seule, car tout me nuit ; Et, pour ma peine, un peu de parfum peut suffire… Jusqu'à ce qu'ironique et rouge, mon sourire Ouvre sa fleur amère et fleurisse la nuit.

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