Doux mois de mai, te voilà mort.
Bientôt le coucou va se taire.
L'adolescence de la terre
Entre dans un âge plus fort.
Les derniers pommiers en couronne
Parent tes obsèques de blanc.
Tu nous fais deuil en t'en allant,
car ta fraîcheur était si bonne !
Ce ne sera plus ton parfum,
Ce ne seront plus tes fleurettes.
Et les marguerites de juin
Ne vaudront pas des pâquerettes.
Que les aubépines en fleurs
Défleurissent : voici les roses…
Juin, certes, a de douces choses,
De longs jours, d'aimables chaleurs,
Mais, ô mois de mai qu'on adore,
Pour te revoir dans ton éclat
Il faut attendre un an encore,
— Et qui sait si nous serons là ?