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1908

A TLEMCEN

Lucie DELARUE-MARDRUS

A Tlemcen, parmi les tapis, l'ombre et la chaux Fraîche, j’ai désiré d’être l'Arabe à mine De brigand qui tenait si bien son cœur au chaud Dans son manteau troué, sa race et sa vermine.

La mosquée entourait de son luxe charmant Cette pauvreté profondément endormie Dans l’oubli, le repos, l’ensevelissement. Et j’enviais sa quiétude de momie.

Connaîtrai-je jamais sur la terre ce bien De dormir dans un lieu de prière concrète Et d’encapuchonner dans la laine une tête Qui ne désire rien et qui ne pense à rien ?

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