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1932

A SHELLEY

Lucie DELARUE-MARDRUS

Je te supplie, à travers ce grand froid Où sont les morts dans l'éternel peut-être, Belle âme, toi qui restes plus qu'un roi (Pour le génie avoir été c'est être),

Cœur merveilleux, ami présent toujours Car ton fantôme en tes livres repose, O toi, parfum d'impérissable rose Jeune à jamais quand le temps suit son cours,

Shelley, chantante alouette de songe, Si haut, si haut qu'on n'en voit plus l'essor, Par ta richesse, ô donneur de trésors, Amant du rêve et non point du mensonge,

Ainsi que toi, je suis poète ici, Enseigne-moi ! Je veux que tu me donnes De quoi chanter joie et douleur aussi. Je veux renaître en ta langue saxonne !

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