Je te supplie, à travers ce grand froid
Où sont les morts dans l'éternel peut-être,
Belle âme, toi qui restes plus qu'un roi
(Pour le génie avoir été c'est être),
Cœur merveilleux, ami présent toujours
Car ton fantôme en tes livres repose,
O toi, parfum d'impérissable rose
Jeune à jamais quand le temps suit son cours,
Shelley, chantante alouette de songe,
Si haut, si haut qu'on n'en voit plus l'essor,
Par ta richesse, ô donneur de trésors,
Amant du rêve et non point du mensonge,
Ainsi que toi, je suis poète ici,
Enseigne-moi ! Je veux que tu me donnes
De quoi chanter joie et douleur aussi.
Je veux renaître en ta langue saxonne !