Le trot d'un vieux cheval de fiacre,
Vivant vestige d'autrefois,
Parcourait au couchant les bois
Où l'air d'avril reste encore âcre.
Il allait à travers le temps
Aussi bien qu'à travers l'espace.
Nous avions quitté la terrasse
Qui me vit avant mon printemps.
Je suis l'assez jeune grand'mère
D'une fillette de jadis.
Mon âge alors ? Neuf ans ou dix,
Long souvenir, temps éphémère.
Le cœur, d'ordinaire, se fend,
Quand on revit ces heures mortes.
Non. Par les mêmes routes tortes,
Je me sentais toujours enfant.
Rien de bien changé dans ma tête.
Je restais un être pareil,
Étant, sous le même soleil,
Le même identique poète.