L'automne a enflammé les arbres. Le jardin
Tord sous le ciel gris son immobile incendie
Qu'arrose finement, froide et droite, la pluie…
aujourd'hui, il faudra me tenir par la main.
Il faudra me tenir pour que mon âme reste
Dans le tendre présent et ne s'échappe pas,
Vagabonde, vers un octobre de là-bas,
Dont celui-ci me fait retrouver l'ancien geste ;
Pour que mes lentes mains et que mon front lassé
N'aillent pas s'appuyer aux arbres du passé ;
Pour que mes yeux ne pleurent pas des agonies
Dans la rousse douceur des automnes finies.