Il s'est éteint seul dans la nuit,
Mort modeste, douce et sans bruit
Comme son existence.
Au milieu des êtres aimés,
Paisible, il dort à poings fermés
Et d'un sommeil immense.
Rien. Il ne s'est pas réveillé.
Peut-être un rêve émerveillé
Plane-t-il sur sa tête.
Il fut bon, tendre, dévoué.
Il ne nous reste qu'à louer
Sa mémoire parfaite.
Autour de sa mort, le bercail
Sent l'honnêteté, le travail,
Le courage sans trêve.
Ses effets sont prêts, tout autour
De son lit, comme chaque jour,
Exprimant : "Qu'il se lève !"
La montre pend, qui mesura,
Au dormeur caché sous le drap,
Sa minute dernière.
Il n'a pas su qu'il s'en allait.
C'était la fin qu'il lui fallait,
Sobre et familière.
Pour lui tout est bien. Mais pour toi
Qui l'as trouvé rigide et froid
Dans sa suprême pose,
Pour toi qu'il laisse seule, ainsi
Qu'une orpheline au cœur transi,
Ma sœur, oh ! Quelle chose !…