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1932

A LA MÉMOIRE D'OCTAVE LE NORMAND

Lucie DELARUE-MARDRUS

Il s'est éteint seul dans la nuit, Mort modeste, douce et sans bruit Comme son existence. Au milieu des êtres aimés,

Paisible, il dort à poings fermés Et d'un sommeil immense. Rien. Il ne s'est pas réveillé. Peut-être un rêve émerveillé

Plane-t-il sur sa tête. Il fut bon, tendre, dévoué. Il ne nous reste qu'à louer Sa mémoire parfaite.

Autour de sa mort, le bercail Sent l'honnêteté, le travail, Le courage sans trêve. Ses effets sont prêts, tout autour

De son lit, comme chaque jour, Exprimant : "Qu'il se lève !" La montre pend, qui mesura, Au dormeur caché sous le drap,

Sa minute dernière. Il n'a pas su qu'il s'en allait. C'était la fin qu'il lui fallait, Sobre et familière.

Pour lui tout est bien. Mais pour toi Qui l'as trouvé rigide et froid Dans sa suprême pose, Pour toi qu'il laisse seule, ainsi

Qu'une orpheline au cœur transi, Ma sœur, oh ! Quelle chose !…

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